Cette maison a été créée en même temps que l’école, il y a environ 1210 ans, par Joseph Mandrefeuille, qui donna, de façon logique et prévisible par tous, son nom à la maison.
N’y entrent que ceux qui ont le caractère de Joseph, un caractère que certains qualifient de cochon, mais qui est en fait un subtil mélange entre l’adolescence rebelle à la critique facile (qui ne doute de rien et à la fâcheuse tendance de prendre les gens d’un peu trop haut) et l’adulte obstiné capable de travailler jour et nuit pour atteindre ses objectifs. L’exemple le plus frappant de ce caractère fut probablement celui de Paul Piscond, jeune élève de première année, qui clama haut et fort durant des mois que son professeur de défenses contre les forces du mal était en tort en disant que les Deminguises étaient des créatures passives, et il passa des heures entières à la recherche de preuves de ce qu’il affirmait.
Tel était le caractère de Joseph, un homme qui était à la fois aimé et haï, aussi bien des jeunes que des moins jeunes. Par qui était-il haï ? Et bien par de rares personnes certes, mais il en existait, et il en existe toujours, qui le haïssent lui, sa maison et les élèves qui y sont affectés. Le plus souvent, lors de son vivant, il était haï par des personnes à l’ego un peu trop grand pour accepter d’êtres contredits. Mais l’exemple le plus frappant est de loin celui de la famille Stheinkald, dont les descendants haïssent encore à ce jour tous les Feuillamandrins, au point de ne pas rater une occasion de faire de mauvais rapports sur un de ses élèves, à cause d’un duel remporté il y a plus de mille ans ce cela par Joseph Mandrafeuille…
Certains élèves (en général ceux qui sont répartis dans les autres maisons) ont tendance à ne pas comprendre comment on peut mélanger de tels éléments contradictoires, comment un rebelle frondeur peut être un élève travailleur et persévérant capable d’être aimable . Et cette question reste sans réponse, car ce serait comme chercher à expliquer l’inexplicable.
La maison Feuillamandre (ce qui ne remet aucunement en cause la valeur des deux autres maisons de Titoï) est sans doute celle qui exige le plus d’investissement personnel, car ses élèves ont pour réputation (et pas seulement pour réputation) d’être des travailleurs acharnés qui préfèrent de loin apprendre un sort ou une potion jusqu’à ce que leur volonté seule maintienne leur corps en état de veille plutôt que d’aller dehors pour faire des batailles de boules de neige ou quoi que ce soit d’autre qui n’ai aucun rapport direct avec le travail qu’ils ont à faire. Nous pouvons citer un exemple : celui de l’année 1995. Lors de cette année, il n’y eu personne venant de la maison Feuillamandre pour soutenir leur équipe de Quiditch ! Pourquoi cela ? C’était une activité extrascolaire qui prenait trop de temps, un temps que les élèves préféraient employer à réviser leurs cours. Bien évidemment cet élan de travail ne se reproduisit aucune autre année.
Les élèves de la maison Feuillamandre sont parmi les plus impliqués dans les événements à polémique qui ont pu survenir jusque là. Ils ne les créent que très rarement, et on en fait la fâcheuse tendance à prendre parti pour le cas le plus désespéré ou le plus inattendu, allant parfois jusqu’à s’insurger contre l’ordre établi pour des raisons qui ne sont pas forcément très claires pour tous. Par exemple, dès qu’il y a un problème entre deux élèves, ou qu’un article de journal prête à débattre, on peut tout de suite voir (et surtout entendre) la fibre rebelle et frondeuse de ces jeunes gens, qui sont capables de trouver des idées les plus improbables mais surtout celles qui auront le plus de chance de venir à bout du problème. L’avantage d’un rebelle studieux ? Il connaît ses droits et le règlement presque aussi bien que ceux qui les ont édictés.
Mais dès maintenant, certaines personnes commenceront à douter de l’amabilité des élèves de Feuillamandre, car on imagine mal un rebelle vouvoyer qui que ce soit… Eh bien ceux-ci échappent à la règle, du moins, quand il le faut. Certes il ne faut pas s’attendre à les voir s’incliner profondément devant qui que ce soit, (car ce n’est pas vraiment ce qu’ils appellent « être aimable »), mais ne vous attendez pas non plus à les voir tutoyer tout le monde et user d’un ton plutôt familier face à un professeur. A vrai dire, ils ne font preuve de courtoisie qu’envers ceux qu’ils estiment. Leur respect pour les élèves d’une autre maison se limitera au strict minimum, avec un petit plus pour les préfets et les élèves d’années supérieures.. Face à un élève de leur maison ou à leur préfet, ils seront « normaux », bien qu’un peu sévères envers les première année, mais on ne peut pas leur en vouloir, après tout, le bisuttage n’est toujours pas prohibé. En revanche, face aux professeurs, ils seront respectueux et utiliseront le vouvoiement –a fortiori du directeur et de son adjoint-, mais ils n’hésiteront pas une seconde à mettre à bas la politesse si ils en sentent le besoin. Quant au reste du personnel… Ils les considèrent soit comme des élèves de leur maison, soit comme des élèves d’une autre maison, en fonction de leurs affinités avec lesdites personnes.
Le dernier point de caractère de ces charmants élèves n’est pas un des moindres : il s’agit de la persévérance et le travail. Commençons par ce dernier point. De toute l’école, les élèves de Feuillamandre sont en général les plus travailleurs. En effet, on ne trouve dans aucune autre maison un si grand nombre d’élèves acharnés au travail. Les élèves les plus sérieux refusent parfois même de sortir –même pour manger et se laver chez les plus acharnés- tant qu’ils n’ont pas fini ce qu’ils avaient commencés, ce qui peut aussi bien être un sort qui n’est pas prévu au programme, qu’une potion, ou quoi que ce soit d’autre. Du moment qu’il s’agit d’apprendre, les élèves de Feuillamandre sont toujours partants, et ne s’arrêteront qu’une fois qu’ils maîtriseront leurs connaissances et seront capable d’inclure ces dernières à celles qu’ils avaient déjà. Eh oui, ils sont plutôt persévérants, ce qui est aussi bien une qualité qu’un défaut, et hélas ceci s’applique à tous les aspects de leur vie quotidienne. Ils ont quelque chose en tête ? Eh bien il faudra leur prouver par A+B qu’ils ont tord, sinon ils refuseront d’admettre leur défaite. Et c’est d’ailleurs cette persévérance, et cette seule persévérance qui les pousse à faire et refaire certaines choses, parfois dangereuses, pour ne pas pouvoir dire « j’ai échoué ».
Mais le caractère des élèves de cette maison a suffisamment été abordé, et il est temps de passer à son histoire.
Cette maison fut donc créée en même temps que l’école, soit il y à environ 1210 années, par, comme dit précédemment, Joseph Mandrefeuille, qui était à l’époque un érudit en plantes magiques et en potions. L’école de Titoï, comme chacun le sais, fut créée en 797 après JC, alors de la troisième guerre magique, qui fut (heureusement) l’une des plus courtes. A l’époque des guerres magiques, on ne formait les sorciers que par apprentissage, et le plus souvent individuelle, à vrai dire, de père en fils et plus rarement de mère en fille.
Ainsi, lorsque Titoï fut créé, il n’était à l’origine qu’un « simple » château qui regrouperait plusieurs sorciers accomplis, et leur éventuel apprenti. Cependant, tous ces sorciers ne se supportaient pas forcément, et il arrivait parfois que des conflits entre eux se produisent, et c’est pour éviter que ces conflits ne fasse penser aux guerres magiques qui sévissaient un peu partout que les trois plus grands sorciers alors présents décidèrent que les différents sorciers du château seraient répartis en trois maisons : Lunabec, Aquadine et Feuillamandre.
Mandrefeuille, qui était spécialiste dans le combat de créatures magiques et des sorts que l’on qualifierais actuellement de « maléfiques » décida que cette maison privilégierait cette optique de la magie plus qu’une autre, ce qui effectua une présélection plutôt importante.
Le reste de l’histoire de cette maison n’est pas sans points forts, mais ne mérite tout de même pas d’être détaillé jusque dans ses moindres détails, ce qui en rendrait sa lecture bien fastidieuse.
Lors des trois cent années de révolution magique, d’anciens élèves de la maison Feuillamandre sortirent des théories parmi les plus connues, mais, comme on pourrait s’y attendre de la part de tels contestataires, un très grand nombre de contre théories, parfois dans le seul but de gêner celui qui avait eu tant de mal à la créée. Comme vous pouvez vous en douter, ces étudiants ou anciens étudiants étaient surtout très doués dans la deuxième catégorie plus que dans la première, ce qui n’était (et n’est toujours pas) pour leur déplaire.
Puis vint l’obscure période de la chasse aux sorcières… Et c’est lors de cette bien sombre et triste période que les Feuillamandrins acquirent leurs lettres de noblesse. Ils ne firent pas ce qu’ils firent dans un esprit de contestation, mais juste pour ne pas se laisser marcher sur les pieds, et pour crier haut et fort qu’ils ne comptaient pas se laisser faire. Que firent-ils ? Ils résistèrent, tout simplement, de façon plus ou moins pacifique pour certains, de façon fort agressive pour d’autres. Une légende raconte même qu’un apprenti venant de la maison Feuillamandre fugua du château durant deux années, et rendit fou de nombreux chasseurs de sorcières en usant de sortilèges des plus basiques, comme des plus ardus à lancer.
Il est un dernier fait à ajouter au palmarès et à l’histoire de la maison Feuillamandre : la création de la prison d’Azkaban. Pourquoi cela ? Tout simplement parce que, comme vous le savez déjà, les Feuillamandrins sont rarement pour l’ordre établi et ne ratent jamais une occasion de se faire entendre. Alors imaginez la peur des Feuillamandrins de l’époque quand ils apprirent la création d’un tel lieu ? Et bien cette réaction a déteint sur toutes les générations de sorciers qui lui succédèrent jusque là : ils se calmèrent. Ce qui signifie que les élèves les plus rebelles de la génération actuelle auraient fait rire ceux d’avant Azkaban.
Vous voulez connaître la suite ? Mais elle n’existe pas encore… C’est à vous, chers élèves, de l’écrire !